La question revient souvent. À la pause café. Sur les groupes Facebook de néo-stéphanois. Ou lors d’un déménagement en centre-ville. Peut-on vraiment vivre sans voiture à Saint-Étienne ?
Une ville de taille moyenne, en pente, marquée par son passé industriel… à première vue, ça ne paraît pas évident. Et pourtant, de plus en plus de Stéphanois font le choix de se passer de voiture. Par conviction écologique, pour faire des économies ou simplement parce qu’ils n’en ont plus besoin.
Voici un tour d’horizon très concret, humain et local de ce que ça implique. Avec ses bonnes surprises, ses galères aussi, et surtout quelques astuces pour y arriver sans se prendre la tête.
Les transports en commun stéphanois, efficaces ou pas ?
Bonne nouvelle, le réseau STAS est plutôt bien fichu. Les quatre lignes de tram couvrent l’essentiel des déplacements urbains. Du nord au sud, d’est en ouest, on peut traverser la ville sans trop d’effort. Les fréquences sont honnêtes, même le week-end.
En centre-ville, entre Bellevue, Châteaucreux et Jean-Jaurès, le tram devient vite un réflexe. Les bus complètent bien le maillage, surtout dans les quartiers en pente. Bien sûr, certaines zones restent moins desservies. Mais globalement, il y a pire.
À noter : la carte gratuite pour les -25 ans reste un vrai plus pour les jeunes. Et avec l’appli My STAS, on gagne pas mal de temps (et de patience) aux arrêts.
Sainté à vélo, une fausse bonne idée ?
Disons-le franchement : Saint-Étienne n’est pas la ville la plus plate du monde. Mais ça progresse. Des pistes cyclables émergent dans les axes stratégiques. La montée vers la Cité du Design ou le Crêt de Roc, par exemple, est bien aménagée.
Le service Vélivert, avec ses vélos en libre-service ou longue durée, dépanne bien. Et certaines associations locales organisent des ateliers de réparation ou des vélo-écoles. De quoi se remettre en selle, même si on a laissé son biclou au garage depuis 2008.
Petit conseil de vécu : descendre Grand’Rue à vélo, c’est la liberté. Mais pour remonter, mieux vaut avoir un moteur ou de bonnes cuisses.
À pied, une ville à taille humaine ?
Clairement, oui. Le centre est compact, vivant, et se traverse facilement à pied. Les commerces, les services, les restos, tout est à portée de jambes. Et en flânant un peu, on tombe toujours sur une petite place, une fresque ou une terrasse tranquille.
Des quartiers comme Jean-Jaurès, Saint-Jacques, Crêt de Roc ou Manufacture se prêtent parfaitement à une vie 100 % piétonne. Même Fauriel, plus résidentiel, reste agréable.
Quelques idées de parcours : de la place Jacquard au parc de l’Europe pour une grande balade verte. Ou encore, marcher de Bergson à la Terrasse en suivant les lignes de tram. Rien de plus simple, et souvent plus rapide qu’en voiture.
Covoiturage, autopartage et autres plans B
Parfois, une voiture reste utile. Pour partir en week-end, aller à la déchetterie ou emmener un meuble. Et là, plusieurs options. Le service Citiz propose des véhicules en libre-service un peu partout en ville. Pratique et sans engagement.
Pour les trajets réguliers, Blablacar Daily ou Karos permettent de covoiturer avec d’autres Stéphanois. Certains tiers-lieux, comme les espaces de coworking, mettent même en place des solutions de mobilité partagée entre coworkers.
En vrai, c’est plus souple qu’on ne le croit. Et souvent, moins stressant que de gérer une voiture à l’année.
Et quand on a des enfants ? des courses ?
Vivre sans voiture avec des enfants, c’est possible. Pas toujours simple, mais faisable. Plusieurs familles du centre s’en sortent très bien avec un vélo cargo, des sacs cabas bien pensés et un peu d’organisation. Le plus dur, c’est les matins de pluie. Mais ça passe.
Les courses ? Entre les marchés, les drives piétons et les services de livraison, il y a de quoi faire. Le panier bio livré en bas de chez soi devient vite un réflexe. Et pour les gros besoins, louer une voiture à la journée reste accessible.
Le tout, c’est d’anticiper. Mais on gagne en liberté. Et souvent, en qualité de vie.
Mais soyons honnêtes : ce n’est pas possible partout
Certains quartiers sont plus compliqués sans voiture. Les hauteurs de Montplaisir, certaines zones vers La Métare ou le fond de Bellevue peuvent devenir vite contraignantes sans véhicule personnel.
Le bon réflexe, surtout si l’on emménage, c’est de tester ses trajets à pied ou en tram avant de signer. Vivre sans voiture, oui, mais pas à n’importe quel prix.
Des Stéphanois qui l’ont fait
Julie, étudiante à la fac, vit entre Centre Deux et Jean-Jaurès. Pas besoin de voiture. Tout est à dix minutes à pied. Karim, jeune actif installé à la Manufacture, travaille à distance et fait tout à vélo. Même ses rendez-vous pro.
Et puis il y a Louise et Théo, parents de deux enfants, qui ont revendu leur voiture il y a deux ans. Ils ne reviendraient en arrière pour rien au monde. Moins de stress, moins de dépenses. Plus de temps ensemble.
Alors, peut-on vraiment vivre sans voiture à Saint-Étienne ? Oui. Clairement. Mais ça demande un peu d’adaptation. Un changement d’habitude. Et une bonne connaissance de la ville.
Sainté n’est pas parfaite, mais elle avance. Les efforts en matière de mobilités douces se voient. Et surtout, de plus en plus de Stéphanois montrent que c’est possible. Qu’on peut vivre mieux, autrement.





